Accident du train en Espagne : Les derniers corps identifiés, la vitesse en accusation

Saint-Jacques de Compostelle attendait jeudi, dans la douleur, l’identification des derniers corps au lendemain de l’accident de train qui a fait 80 morts dans cette ville du nord de l’Espagne, provoqué par une vitesse excessive. Sur le site de la catastrophe , dans cette ville de pèlerinage mondialement célèbre, une grue blanche géante dégageait les wagons pulvérisés. Devant la morgue, allaient et venaient les corbillards, pendant que des familles en pleurs cherchaient un peu de réconfort auprès des psychologues dans le centre d’assistance mis à leur disposition. D’autres attendaient encore, rongés par l’angoisse: 58 corps avaient été identifiés en début de soirée, a annoncé le tribunal régional de Galice.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui a rendu visite aux blessés, a annoncé trois jours de deuil national. La Galice a décidé sept jours de deuil et attendait dans la soirée la visite du roi Juan Carlos. Dès mercredi soir, peu après le déraillement du train à son arrivée à Saint-Jacques, l’hypothèse d’une vitesse excessive, sur un tronçon de voie limité à 80 kilomètres/heure, a pris corps. Deux enquêtes, judiciaire et administrative, ont été ouvertes. L’un des deux conducteurs du convoi, blessé et hospitalisé, doit être entendu par la police, sur demande d’un juge. « J’espère qu’il n’y aura pas de morts parce que je les aurai sur la conscience », avait lancé cet homme, selon le quotidien El Pais, mercredi dans une communication radio avec la gare, juste après le déraillement.

Un peu plus tôt, il aurait reconnu avoir abordé le dangereux virage où s’est produit l’accident à 190 km/h. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Rafael Catala, a presque confirmé cette hypothèse. La tragédie « paraît liée à un excès de vitesse », a-t-il affirmé sur la radio Cadena Ser. Plusieurs témoins ont raconté avoir entendu le bruit sourd d’une violente explosion. « J’étais chez moi et j’ai entendu comme un coup de tonnerre, très fort, j’ai vu beaucoup de fumée », témoignait, jeudi à l’aube, Maria Teresa Ramos, une femme âgée de 62 ans qui vit à quelques mètres du lieu de l’accident, assise dans son jardin d’où elle regardait l’énorme grue se préparant à soulever les wagons désarticulés. « C’était un désastre. Les gens criaient. Tous le monde est parti chercher des couvertures et des serviettes pour aider les blessés. Personne n’avait jamais vu cela ici ». L’accident s’est produit à 20h42 (18h42 GMT) sur un tronçon de voie à grande vitesse, dans un virage très prononcé à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle. (AFP)