Les dessous du retour de l’ambassadeur palestinien à Rabat

Expulsé début mai par Rabat suite à des commentaires peu appréciés sur le rôle du Comité Al Qods, l’ambassadeur palestinien a repris du service ce lundi. Ahmed Sobh est depuis de retour à Rabat, et a repris ses fonctions en tant qu’ambassadeur de l’Autorité palestinienne ce lundi. Il avait quitté le Royaume le 6 mai, sur demande des autorités marocaines. Le diplomate s’était attiré les foudres du palais après un entretien avec Abdelkebir Alaoui M’Daghri, le directeur général de l’Agence Bayt Mal Al Quds Acharif, selon des sources proches du dossier ayant requis l’anonymat. Ahmed Sobh lui avait indiqué en langage diplomatique que certaines dépenses engagées par le Comité Al Qods dans des colloques, conférences et autres événements seraient peut-être plus utiles si utilisées directement auprès de la population palestinienne. Le diplomate avait également fait remarquer qu’il n’était pas normal que le Comité Al Qods ne se soit pas réuni depuis… janvier 2002. Les propos d’Ahmed Sobh sont remontés jusqu’au palais et semblent avoir fâché en haut lieu. Le 4 mai dernier, les autorités marocaines ont décidé d’expulser le diplomate palestinien et lui ont donné 48h pour quitter le royaume, selon les mêmes sources. C’est la première fois de l’Histoire qu’un ambassadeur palestinien se fait expulser par un pays arabe. Une semaine après le départ d’Ahmed Sobh, les Frères musulmans égyptiens ont à leur tour égratigné le Comité Al Qods lors d’une réunion au Sénat égyptien. Dr Issam El Aryan, président du groupe parlementaire du Parti de la Liberté et de la Justice, avait ouvertement remis en cause l’efficacité du Comité Al Qods en déclarant : «Qu’a fait ce comité ? Surtout qu’il est présidé par Mohammed VI, un jeune roi plein de vitalité, et pourtant il n’a rien apporté de plus.». Certains observateurs voient dans les déclarations d’El Aryan la main du Quatar, alors que l’émirat tente de peser diplomatiquement sur le dossier palestinien et vient de proposer la création d’un nouveau fonds pour Jérusalem, doté d’un milliard de dollars et qui serait géré par la Banque islamique de développement.