Crise à la majorité. Benkirane « Nous ne voulons pas renoncer à notre monarchie »

Avant hier, à l’occasion d’un meeting des secrétaires des sections du PJD tenu à Bouznika, Abdelilah Benkirane, s’est référé, à sa manière pour la première fois, à la décision du conseil de l’Istiqlal de se retirer de son gouvernement. Mesurant bien toute la portée de ses mots et recourant à des phrases courantes, il a déclaré qu’ « il y a un courant en faveur de la réforme et un autre qui s’y oppose. Le parti PJD est parfaitement conscient de sa responsabilité. Et toute tentative de faire échouer cette expérience serait synonyme du retour du Maroc à la logique du contrôle et l’entrée dans une aventure à laquelle nous refusons de prendre part » parce qu’elle « menace notre pays dans sa stabilité, sa sécurité, ses investissements, son économie et dans d’autres dossiers stratégiques ». Fidèle à un discours qu’il a développé, voilà plus de quatre ans, depuis l’avènement du PAM sur l’échiquier politique, Benkirane a continué d’envoyer des fleurs au Palais : « Nous ne voulons ni la destruction de notre pays ni renoncer à notre monarchie ». Et de marteler à deux reprises qu’il « est impératif de réformer, impératif de réformer ». Mais devant les secrétaires des sections du PJD, le chef du gouvernement a tout de même évité de traiter ses opposants de « démons » et de « crocodiles ». Si Benkirane s’est montré très réservé en abordant la décision de l’Istiqlal de quitter son navire, Abdelali Hamieddine, membre du secrétariat général du PJD, a expliqué, lors d’une émission, diffusée hier sur Medi1TV que « ni le PJD ni le gouvernement n’ont reçu une correspondance officielle de l’Istiqlal les informant de la décision du conseil national du PI » du retrait de l’exécutif. La crise à la majorité a dix jours. L’Istiqlal de Hamid Chabat opte de plus en plus pour un changement du chef de gouvernement. Par la voix de ses jeunes députés, El Kihel et Falah, le parti de la Balance met sur la table des négociations, la proposition de nommer un nouveau capitaine du navire, toujours du PJD. Saâdeddine El Otmani serait le candidat idéal pour remplacer Benkirane. L’actuel ministre des Affaires étrangères a le mérite d’être un homme de dialogue qui évite de tomber dans le populisme. Il compte également le soutien du Palais.