La plus haute tour du monde (Borj Khalifa) revendiquée par L’Emirat de Dubaï

Dubai, un émirat non pétrolier, a réussi à attirer l’attention du monde en inaugurant lundi la plus haute tour de la planète dans une cérémonie faste qui a coïncidé avec le 4-ème anniversaire de l’accession de cheikh Mohammad ben Rached Al-Maktoum au gouvernorat de Dubai.

En inaugurant « Burj Khalifa », Dubai a dépassé une crise d’endettement qui a duré environ un mois et neuf jours à cause de la chute des indicateurs de son marché immobilier suite à la crise financière internationale.

Le gouverneur de Dubai, cheikh Mohammad ben Rached Al-Maktoum, avait dévoilé lundi la plaque qui rebaptise « Burj Dubai » en « Burj Khalifa », le nom du président des Emirats Arabes Unis, cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane.

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La tour de tous les records

Le coût global de ce projet s’élève à 20 milliards de dollars, dont 1,5 milliard consacrés à la construction de la Tour de 200 étages, qui compte plus de 1.000 appartements, des bureaux (49 étages) et un luxueux hôtel Armani. Elle disposera en outre de quatre piscines, du restaurant le plus élevé de la planète, au 122-ème étage, et d’un parking de 3.000 places, précise un communiqué distribué à la presse à cette occasion.

La tour est l’élément central du projet, le nouveau quartier « Downtown Burj Dubai », incluant 30.000 appartements et le Dubai Mall, l’un des plus grands centres commerciaux du monde, selon la société « Emaar », promoteur du projet.

Selon les observateurs, l’Emirat de Dubaï a battu tous les records. Le plus long métro du monde, les îles artificielles, dont celle de « Palm Jumeirah » conçue pour servir de station balnéaire et « Burj Khalifa » sont autant de projets pharaoniques qui ont conféré à Dubaï une place privilégiée parmi les grandes cités internationales.

Haute de 800 m, la Tour compte 200 étages, dont 160 seront occupés par des appartements ou des bureaux, ce qui fait d’elle un édifice unique en son genre. S’étendant sur une superficie de 517.240 m2, la tour pourra être aperçu d’une distance de 60 km par le navigateur du Golfe.

L’édifice comprend des surfaces commerciales, un hôtel, des appartements, des lieux de divertissement et un jardin panoramique, précise Robert Booth, le directeur exécutif de « Emaar ».

La Tour, qui dispose également de 5.000 bureaux, de 4 piscines et de librairies publiques et dont la construction a duré 5 ans, devrait renforcer la position internationale de Dubaï en tant que destination d’investissements immobiliers.

L’édifice abritera également un grandiose centre commercial sur une superficie de 300.000 m2 baptisé « Dubaï Mall », un hôtel luxueux de Georgio Armani composé de 160 chambres, de restaurants de classe et d’un club.

Des habitants émiratis et de nombreux richards étrangers ont exprimé le souhait, depuis 2004, d’aquérir des appartements à la tour, dont le prix du mètre carré s’était élevé à 40.000 euros, avant de reculer à 2.784 euros à cause de la crise financière internationale.

La tour, qui comprend 57 ascenseurs, a été conçue sous forme d’une petite ville complémentaire qui garantira tous les services et besoins des visiteurs, a souligné « Emaar ».

« Unique dans le monde », l’ascenseur principal de la tour peut transporter 5.500 kg et parcourir la longueur de 504 mètres dans une très courte durée, a précisé la société.

Un optimisme sans precedent

12.000 ouvriers ont participé à la construction de cette tour alors que 7.500 ingénieurs ont veillé sur la planification et la réalisation de ce projet.

Les travaux de construction de la Tour, entamés en 2004 dans le cadre des contrats de sous-traitance, ont été réalisés par la compagnie sud-coréenne « Samsung Engineering & Construction, le groupe belge BESIX et la société émiratie Arabtec.

L’inauguration de « Burj Khalifa », selon les analystes, devrait avoir un impact positif sur l’économie de Dubaï, dans la mesure où il est la propriété de « Emaar », souvent responsable de la hausse ou de la baisse de la Bourse de Dubaï.

Selon Hammam Chammaâ, consultant économique à la société financière « Al Fajr », « Emaar » a réalisé des bénéfices importants, suite à la livraison des appartements et les autres composantes de la Tour, qui ont été vendus enitèrement en 2006.

Grâce à ces résultats positifs, l’optimisme a régné dans les marchés de Dubai et d’Abu Dhabi, entraînant une hausse des indices boursiers durant le nouvel an, a-t-il souligné.

D’autres directeurs de sociétés d’investissement et d’immobilier à Dubaï ont relevé une hausse de la demande sur les unités immobilières avoisinant la tour depuis deux semaines, ajoutant que les prix ont augmenté de 25 pc.

L’inauguration de « Borj Khalifa » reflète le dynamisme de l’économie de Dubaï et de ses sociétés qui maintiennent malgré la crise leurs projets et respectent les delais de réalisation, transmettant ainsi un message important au monde à un moment où les grands groupes internationaux affrontent des difficultés pour honorer leurs engagements, ont-ils souligné.

Ils ont également estimé que l’ouverture de ce gratte-ciel n’aura pas un impact négatif sur le prix de l’immobilier à Dubaï, qui reste lié au marché international plutôt qu’à des indicateurs locaux.

Source: MAP (Par : Jawad Touiouel)