Finances Maroc : Baromètre

Début d’année sur les chapeaux de roues

Si l’année 2007 s’est terminée en queue de poisson, 2008 démarre sur les chapeaux de roues. Depuis le début de l’année, le marché action ne cesse d’enregistrer séance après séance des gains relativement importants. L’indice global affiche une croissance de 9,13% par rapport au 31 décembre 2007, atteignant 13.863 points, soit son plus haut niveau historique. Ces deux premières semaines laissent prédire une année en très forte croissanoe. Cette hausse s’explique par la reprise de la plupart des grosses capitalisations avec à leur tête Ittisalat Al Maghrib et Addoha, qui impactent fortement le MASI compte tenu de leur poids. Mais ce ne sont pas les seuls, puisqu’une dizaine de valeurs enregistrent une croissance à deux chiffres. Afriquia gaz, qui était dans une phase de consolidation, après quatre mois de baisse, enregistre d’ailleurs la meilleure performance en gagnant 21,6% à 1.350 DH à la cloture du 17janvier. Dans ce palmarès des actions en forte hausse, la reprise des minières est une autre surprise. Puisque Managem et la SMI s’apprécient chacune de plus de 14% respectivement à 574 DH et 375 DH. Les deux secteurs qui avaient fait le bonheur des spéculateurs au début de 2007, en l’occurrence le bâtiment et les matériaux de construction et les bancaires, font également partie des locomotives de cette’croissance. La BMCE Bank ne cumule pas moins de 10,4% de gains, alors qu’Attijariwafa Bank fait un bond de 8,8%. De même, les cimentiers, menés par Holcim et Lafarge, renouent avec la progression. Le cimentier de l’Oriental et du Nord Est enregistre un gain de 9,8% à 2.800 DH. Alors que Lafarge s’apprécie de 8.65% à 2.010 DR.

Les plus fortes hausses

Afriquia Gaz. Ça gaze!

En ce début d’année, le leader du secteur du gaz, Afriquia gaz, voit son cours gagner plus du cinquième de sa valeur atteignant 1 350 DH. Pourquoi cette progression subite ? Elle pourrait certainement être liée aux récentes réalisations de la société. En effet, d’après les derniers chiffres publiés, l’action avait plutôt vu son chiffre d’affaires régresser de 8% à 1,4 milliard de DH au 30 juin 2007, malgré la fusion absorption de Tissir Primagaz. Cependant, la capacité bénéficiaire de l’entreprise a été en nette amélioration, de 14% à 116 millions de DH, grâce à la maîtrise des charges d’approvisionnement. Pourtant, la place n’avait pas réagi à la publication de ces résultats. Le titre Afriquia Gaz est même passé de 1.440 à 1.060 DH entre avril et décembre2007,soit une baisse de 26 poue cent. Rien ne justifiait une telle depreciation.aujourd’hui visiblement, sur le reste de la place.

Managem. A contre courant

Ce sont les minières qui enregistrent la meilleure performance sectorielle en ce début d’année avec une croissance de 14,4%. La place de Casablanca réagissait sans doute à ce qui se passait sur les marchés internationaux de matières premières. Puisque sur toutes les bourses internationales, les matières premières étaient les véritables vedettes en ce début d’année. Même si cela n’avait duré qu’une semaine. Les observateurs sont unanimes sur l’instabilité qui règne actuellement sur les marchés. De plus, l’impact de la hausse des cours sur l’activité de Managem n’est pas automatique, à cause des mécanismes de couverture. D’ailleurs, Managem et sa filiale la SMI n’avaient jusqu’ici pas réellement bénéficié de la forte hausse des matières premiéres de ces deux années.

Les plus fortes baisses

HPS. Prise de bénéfices

Entre le 13 et le 24 décembre, le cours de l’action HPS était passé de 1.310 à 1.499 DH, soit une hausse de 14,4%. Le titre était enfin parti pour une nouvelle phase de hausse, la reprise qu’attendaient les investisseurs. Mais visiblement, ils ont vite déchanté à cause des prises de bénéfices. Le titre affiche une baisse de 6,03% au 17 janvier dernier et ne vaut plus que 1.372 DH. Pourtant, l’entreprise est dans une phase de très forte croissance grâce à l’extension de son activité aussi bien sur le continent africain que vers le MoyenOrient. Cette année, son chiffre d’affaires devrait atteindre près de 145 millions de DH, en amélioration de 25%. Et les années à venir, même avec une décélération, cette croissance devrait tout de même atteindre plus 15%. La société affiche l’une des meilleures marges nettes du secteur avec un retour sur investissement autour de 28 %.

Fertima. Quid de la bonne campagne?

Alors que la pluviométrie est en très forte hausse sur l’ensemble du territoire, le producteur d’engrais Fertima n’a pas la faveur des investisseurs. En effet, le titre ne s’écrase certes pas, mais il se déprécie de 1.41% à 350 DH. En réalité, l’attitude des investisseurs par rapport à l’action Fertima se justifie parles performances structurelles de l’entreprise. Et ce n’est pas la bonne conjoncture qui permettra de redresser la situation. L’année 2007 par exemple, l’entreprise a fortement souffert de la campagne, alors que le reste des entreprises du secteur ont pu tirer leur épingle du jeu. La Société Chérifienne des engrais par exemple a pu enregistrer un bénéfice deli millions de DH

Aucun impact fiscal…

L’année 2008 s’est présentée avec son lot de mauvaises nouvelles aussi bien pour les entreprises cotées que pour les investisseurs. On peut en citer quelques unes qui ont fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit avant tout de l’augmentation de la TVA sur la location avec option d’achat. Elle passe de 10 à 20% et est appliquée sur les mensualités des charges locatives. C’est dire que les sociétés de crédit à la consommation qui avaient bâti leur croissance sur cette manne subissent un grand coup, à commencer par Salafin, dont près des deux tiers de l’activité concernent le financement de l’automobile. Pourtant, son cours est loin d’avoir été impacté par ce changement, parce que la société a pris soin de concevoir une stratégie de repli. Ni la Sofac, ni Eqdom n’en souffrent. L’autre mauvaise nouvelle fiscale concerne également la TVA, mais sur l’immobilier cette fois. En effet, de 14% on passe à 20%. Pourtant, les deux promoteurs immobiliers concernés par la mesure se portent comme des charmes. En particulier Addoha, qui voit son cours s’apprécier de plus de 16%. Par ailleurs, les investisseurs devront supporter une taxe sur les plus values de valeurs mobilières plus élevées, dans la mesure où le taux passe de 10 à 15%. Pourquoi aucune de ces mesures n’a eu un impact négatif significatif sur la place ? Les analystes à la recherche d’une échappatoire se contentent de dire que le marché est devenu mature. Mais peut être que la raison est encore plus évidente qu’il n’y parait: ces mesures n’entameront pas réellement les gains attendus.