Des niveaux de valorisation qui ne sont pas justifiés
Bourse février 15th, 2008Cela se pratique sur le marché sans qu’aucune autorité dédiée ne s’en mêle. Un analyste de la place nous confirme, à cet effet, que, souvent, des financiers travaillant sur une opération d’introduction, sur une opération stratégique d’une valeur cotée ou sur une fusion acquisition, ne trouvent aucune gêne à aller investir en Bourse sur les valeurs qu’ils ne traitent pas via leur établissement. Ils choisissent un autre organisme pour souscrire à une opération en Bourse. Et de là , ils sont au dessus de tout soupçon. Ce phéno¬mène, conjugué à l’effet de mode dont bénéficie la Bourse actuellement, aboutit à une inflation sur les titres, dont les premières victimes sont les investisseurs. C’est pour cela que plusieurs analystes pensent tout bas que plusieurs valeurs sont aujourd’hui surévaluées sur le marché. Ils ne peuvent cependant pas le clamer haut et fort, de peur de voir l’intérêt de leur institution prendre un coup. C’est la «loi du silence». Chacun cherche à profiter du système en contournant les règles de manière subtile. Même le gendarme de la Bourse, censé faire un peu le ménage, n’y arrive pas. Certains l’accuseraient même de vouloir, sur certaines opérations, tailler le marché sur mesure. Après la ruée des institutionnels, enregistrée dans l’opération de la CGI, le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) a voulu serrer lavis. «Dernièrement, le gendarme de la Bourse a fait plusieurs sorties pour définir et réglementer la participation des fonds dans les opérations d’introduction. Nous avons assisté à différentes directives qui n’étaient pas espacées dans le temps. Parfois, elles étaient incompréhensibles», affirme un banquier d’affaires qui ne comprend d’ailleurs pas pourquoi le CDVM a refusé l’entrée d’un fonds de retraite émirati et d’un fonds d’une grande banque suisse dans l’une des dernières opérations d’introduction de 2007. L’un de ces fonds aurait pourtant eu auparavant des «garanties» de la part de sa banque d’affaires pour souscrire à cette opération. Quel embarrass!
Tout ceci pour dire que, finalement, la Bourse attire de plus en plus les investisseurs, tous profils confondus. C’est d’autant plus vrai que le marché obligataire n’attire plus grand monde du fait des résultats décevants qu’il réalise. Tout le monde va maintenant sur le marché des actions, qui promet encore une embellie malgré d’éventuelles corrections. «Chaque année a eu son lot de corrections, ce qui n’a pas empêché la tendance d’être à la hausse. Une correction n’est pas exclue quand les niveaux de valorisation ne sont pas justifiés par des performances financières et opérationnelles», reconnaît Othmane Ghomari, analyste financier chez Upline Securities. Cette correction, BMCE Capital Bourse l’a prédite au cours de la période s’étalant entre les mois de mai et août 2008, après une reprise de la tendance à la hausse, estimée entre janvier et mai. Une légère consolidation devrait s’établir en fin d’année. L’exercice 2008 sera une année «folle» encore, si l’on en croit des analystes. Un grand nombre de personnes s’y intéressent. D’ailleurs, c’est depuis que des titres comme Addoha et CGI ont crevé le plafond que certains boursicoteurs s’y intéressent de plus en plus! Ces opérations plus qu’alléchantes ont cependant chamboulé le référentiel du marché et les gens ont perdu la notion du gain. «On ne se contente plus de bons résultats. Les gens cherchent les super résultats», ironise un trader. Ces deux entreprises ont apporté avec elles du rêve. A quoi faudra t il s’attendre en 2008?
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