Les opérateurs promettent des changements au niveau de la Bourse pour améliorer les conditions. Des réflexions portent même sur des produits structurés relatifs à l’épargne à moyen et longs termes. Selon Omar Drissi Kaitouni, membre du directoire de la Bourse, il faut mettre en place des idées pour les implémenter rapidement. «Des réflexions sont menées par exemple pour voir s’il est nécessaire de les défiscaliser à l’entrée, ou à la sortie… Il faudra que toutes les parties concernées se mettent autour d’une même table pour en discuter». En attendant ces innovations, aujourd’hui encore, tout le monde, petit et grand, profite des pratiques en cours. Pour l’instant, les professionnels affichent leur optimisme. D’autant que le nombre de nouvelles introductions en Bourse va grandissant.

Tout va bien dans le meilleur des mondes. Pour combien de temps encore? Que se passera t il lorsque les introductions se feront plus rares ? Il faudra trouver une “alternative” comme ce fut le cas avec les privatisations. Pendant longtemps, l’Etat a misé sur les fleurons du pays pour dégager le maximum recettes. Aujourd’hui, on arrive à des niveaux si bas que l’intérêt porté jadis sur les recettes de privatisations s’est porté sur d’autres types de recettes, fiscales notamment. Un trader est convaincu que des arbitrages devront alors se faire. Le marché ne sera plus ce qu’il est aujourd’hui. Et tôt ou tard, le tir sera rectifié. «On va entrer dans une logique de concurrence boursière qui poussera les entreprises à réagir en fonction de leurs consoeurs. Si le PER (price earning ratio) d’une entreprise est élevé par rapport à celui d’une autre qui opère dans le même secteur, la première devra incontestablement réagir pour s’aligner », note la source. Aussi, dans ces moments là, des entreprises dont les assises financières ne sont
pas solides, dont la stratégie vacille ou dépend d’éléments exogènes très volatils, ne devraient pas avoir de chance de rentrer ou de rester sur le marché. Il faudra instaurer alors des filets de sécurité pour se prémunir. Le cas de GSI est encore dans les esprits. Que serait il arrivé si la valeur était entrée en Bourse ? La prudence est de mise. A plus court terme, notre trader assure qu’il devient impératif de redéfinir les règles du marché. «Le gendarme de la Bourse critique le système des crédits de levier. Pourquoi ne pas réglementer cette pratique en établissant une muraille solide entre les banques et les sociétés de Bourse ? », S’interroge t il. La Bourse marocaine est en train de changer de visage. Et tous les professionnels s’attaquent maintenant à l’épargne populaire. D’ailleurs, quatre à cinq sociétés de bourse vont créer des sites Internet pour donner la possibilité aux boursicoteurs de faire leur «marché» en ligne. Une innovation qui va chambouler pas mal de choses. Encore faut il qu’il y ait des initiés.